Freddy Tacheny : “Nous allons subir les conséquences de cette crise”

//Freddy Tacheny : “Nous allons subir les conséquences de cette crise”

Credit Photo : Antibes Sharks

Nous avons eu l’honneur et le plaisir de pouvoir interviewer le Président des Sharks cette semaine, Freddy Tacheny qui est confiné actuellement en Belgique. 

Bonjour Mr Tacheny et merci de nous accorder cette interview. Nous allons commencer par la traditionnelle question : Comment se passe votre confinement ? 

Très frustrant ! Mais appliqué.

En tant que chef d’entreprise en France et en Belgique, cela doit être compliqué avec le ralentissement économique actuel de prévoir quoi que ce soit ? 

C’est le cas de tout entrepreneur. Je pense que nous aurons une vague économique et sociale très difficile à gérer. Il va falloir se réinventer dans de nombreux domaines pour poursuivre nos aventures. S’adapter … s’adapter !  

Parlons de notre équipe qui nous tient tous à cœur, des Sharks d’Antibes. Quelles sont les conséquences aussi bien humaines qu’économiques sur le club ?

Il va de soi que le sport est l’un des secteurs les plus affectés sur le plan économique et les Sharks ne font pas exception. Avec la suspension des compétitions et sans l’autorisation d’organiser nos événements, nous avons donc placé l’ensemble des équipes (staff et joueurs) en chômage partiel. Mais  nous conservons une partie de leurs salaires à charge, et l’ensemble de nos frais fixes. Bref, c’est une lourde perte que nous subirons cette année. 

Nous espérons pouvoir compter sur le soutien de nos fans et partenaires pour traverser cette période si tendue. 

Après une saison 2018-2019 catastrophique sur le plan sportif et un début de saison 2019- 2020 compliqué, l’équipe antiboise a commencé à afficher un beau visage sur les différents  parquets de l’hexagone à partir de Décembre. Est-ce que pour vous cette saison à l’heure actuelle est satisfaisante ou on pouvait viser mieux ? 

Le début de la saison était, compte tenu de nos efforts budgétaires, clairement décevant. A notre décharge, nous opérions avec une équipe très modifiée et qui se cherchait. Nous avons opéré quelques retouches, et notamment l’engagement de deux renforts, et la suite laissait envisager de belles perspectives. Nous étions TOP 4 à l’heure de l’interruption, ce qui correspondait à nos espoirs de début de saison. 

Donc, nous nous préparions bien pour le sprint final et les play-offs au cours desquels je suis convaincu que nous aurions pu jouer un rôle majeur. 

Des équipes de JE et Pro B ont déjà commencé leur recrutement pour la saison prochaine. Est-ce déjà le cas du côté des Sharks alors que Nikola Antic est lui en fin de contrat ? 

Nous sommes dans l’attente des précisions stratégiques qui seront données le 25 Mai lors de l’AG de la LNB. Mais nous nous affairons bien évidemment en coulisses. 

Sadio Doucouré et J-M Pansa ont été des plus-values pour une équipe qui connaissait des difficultés en début de saison. Pensez-vous qu’il y’ait eu des erreurs de faites dans la construction de l’équipe dès le départ ? 

Je ne pense pas. Il y a eu des choix de recrutements qui tenaient compte des contrats en cours, et des hypothèses tactiques qui se sont avérées infructueuses. Et donc, nous avons fait évoluer l’équipe avec la tendance positive que nous avons observée.

Credit Photo : Antibes Sharks

Le SNB (Syndicat National des Basketteurs) a demandé que la saison actuelle soit clôturée. Comprenez-vous cette demande et comment voyez-vous l’avenir très proche du basket français ?

Je peux tout comprendre…mais c’est le moment de penser à l’intérêt général, et non particulier. Et il est clair que cette hypothèse aggravera encore davantage la situation financière de chaque Club. En effet, le contrat télévision prévoit une saison complète et devra inévitablement être renégocié, et ce sont les Clubs qui payeront la facture … 

Il est évident que nous allons tous subir des conséquences économiques graves, mais le sport en a vu d’autres et nous tiendrons bon. 

La LNB devait prendre une décision sur la suite à donner à la saison actuelle fin avril mais cela a été décalé à la fin du mois de mai. Comprenez-vous cette prise de précaution alors que la LFP comme la LNR ont décidé respectivement de mettre un terme à leur saison ? 

Je les comprends car je pense qu’ils ont cherché à poursuivre le championnat dans l’intérêt des clubs. 

Revenons sur nos Sharks, vous avez récupéré l’équipe alors qu’elle était endettée en Pro B en 2014. Énormément de chemin a été parcouru avec une saison 2014-2015 où l’équipe sous Julien Espinosa a décroché la Leaders Cup et la victoire en playoffs synonyme de retour en Pro A. Et malgré la saison dernière compliquée sur le plan sportif le club à soldé ses dernières dettes. Quel évènement vous a le plus marqué depuis votre prise de contrôle de l’équipe antiboise ?  

A titre personnel, il est clair que le retour à l’équilibre du Club est le moment le plus important. Nous avons tous travaillé dur afin d’y arriver. En investissant de lourdes sommes  personnelles, mais aussi heureusement, avec le soutien de la Mairie, de la CASA, du Département, de la Région, et de partenaires de plus en plus nombreux. 

Avec aussi un groupe très loyal de supporters qui ont eu la patience de nous voir revenir lentement, mais sûrement ! 

Sur le plan de ma Présidence, il est clair que le retour en Pro A restera gravé à jamais dans ma mémoire. Les 2 fois, avec des groupes solidaires et motivés. 

Sans vraiment me tromper, nous pouvons voir l’avenir avec sérénité ?

Oui ! Nous allons comme tous subir les conséquences de cette crise.

Mais nous maintenons nos ambitions de ramener Antibes au plus haut, mais de manière stable et pérenne. 

Parlons de l’avenir, la remontée dans l’élite du basket français est conditionné à la capacité du club de se développer financièrement. Quelle est votre feuille de route ?  

Je m’inscrivais, avant cette pandémie, dans un agenda de 5 ans pour revenir en PRO A, doté d’un budget suffisant pour se maintenir. Je maintiens ces ambitions. 

Une remontée en Jeep Elite mais aussi avec l’ambition d’y tenir un rôle important et pas simplement faire de la figuration comme lors des dernières saisons ?  

Le sport professionnel repose sur un aspect budgétaire important. Donc, la première étape était de redonner des assises stables au Club. C’est fait ! Nous sommes maintenant dans la croissance, avec des aménagements importants réalisés dans le stade (loges supplémentaires, cube vidéo au plus vite …). 

Et c’est cette croissance espérée, oeuvre que nous devons tous faire ensemble, qui nous amènera à réaliser nos ambitions.  

Est-ce que ramener Antibes sur la scène européenne est un de vos objectifs sur du moyen ou long terme ?  

Oui ! Antibes est un nom connu dans toute l’Europe du Basket. Et mon rêve est de vivre une épopée européenne. 

Nous ne replacerons plus Antibes dans le « Rouge ». C’est un vrai système économique inscrit dans une spirale positive qui nous le permettra. 

Et nous y travaillons quotidiennement. Notamment en tentant en permanence d’attirer de nouveaux partenaires à nos côtés.

Tous cela est lié comme nous l’avons dit précédemment à la capacité du club de se développer financièrement. Se renforcer économiquement mais aussi dans les bureaux avec la possible arrivée de Chris Van Zyl dans l’organigramme du club comme l’a souligné Nice-Matin dans un article qui date du 1er Février. Est-ce toujours d’actualité ou la crise du  COVID-19 a mis fin à cette éventualité ?  

Chris Van Zyl fait partie d’une équipe rapprochée d’experts que je consulte. En ce qui le concerne, dans la sphère sportive. Nous poursuivons nos relations.  

Antibes est une place forte du basket français et à pu compter dans ses rangs plusieurs joueurs sélectionnés en Équipe de France à partir des années 60 jusqu’au milieu des années 90 sans oublier le palmarès et les exploits en Coupe d’Europe. Comprenez-vous  l’impatience de certains supporters antibois alors que dans le même temps Monaco monte chaque année des équipes exceptionnelles ou Fos/Mer qui a comme ambition de jouer en Europe d’ici 2024 ? 

Je ne suis pas là pour me comparer aux autres. Chaque Club a ses réalités. Je connais les nôtres et elles sont établies et enfin solides. 

Notre situation financière est saine. Je suis là pour construire un Club doté de bonnes bases, et qui ne dépend pas que de moi. 

C’est en équipe que nous ramènerons les Sharks au sommet. À commencer par les Jeunes qui sont notre avenir, et sur lesquels nous investissons. 

Je suis aussi quelqu’un d’impatient, mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.

Revenons au plus vite le plus haut possible, mais en totale conformité avec nos moyens et nos perspectives. Et les bonnes surprises, cela existe aussi … Alors, gardons foi dans notre destin. 

Nous serons bien un jour récompensés de tant d’efforts et d’obstination.

Nous finissons la aussi par une traditionnelle question, avez-vous un message à faire passer aux supporters antibois et aux White Sharks ?

Tenez bon ! Nous nous reverrons très vite dans notre si belle Aréna pour faire la fête tous ensemble autour de nos Sharks. Vous êtes un moteur indispensable de notre remontée. 

Vive Antibes, vive les Sharks !

By | 2020-05-13T10:30:34+02:00 mai 12th, 2020|News|0 Comments

Leave A Comment